Les enjeux
Nous sommes (à peu près) tous d’accord : nous avons un problème de circulation. Il y a un an et demi, une enquête a été réalisée sur le sujet par le Conseil Général, dont les résultats n’ont pas été publiés. Depuis, aucun débat – malgré de nombreuses demandes. A vrai dire, on comprend le manque d’entrain du Conseil Général et de la municipalité d’Uzès, tous deux sans le sou pour un projet de déviation qui viendrait plomber lourdement les comptes déjà difficiles de l’un (le Conseil général), et dépasse largement les capacités d’emprunt de l’autre (la ville).
Plus d’un an et demi d’immobilisme, d’absence de débat : le dossier reste en l’état. Pourtant il sera au cœur du développement de notre territoire. Evidemment, on comprend les deux ex-challengers des cantonales : à quoi bon mettre sur la place publique un dossier aussi délicat en pleine campagne électorale et prendre le risque de perdre des voix, alors que les projets de contournements de ville font toujours des mécontents...
La méthode
Le préambule à tout aménagement est d’œuvrer dans la transparence et la concertation. Et évidemment, il faut partir du principe que l’intérêt collectif passe avant l’intérêt particulier. Les débats doivent être larges, tout le monde doit y participer. Après près de 30 ans d’attente, les décisions doivent être prises sans précipitation – mais sans attendre trop non plus.
Le constat
Il faut prendre le problème globalement : l’amélioration de la circulation dans l’Uzège commence à Uzès – car toutes les routes du canton convergent vers la « ville centre ». L’étude menée en 2009 le démontre : le transit dans Uzès représente 40% du trafic global, principalement sur deux axes : Remoulins/Alès-Bagnols et St-Quentin-La-Poterie/Nîmes. Le dysfonctionnement principal est le passage obligé pour bon nombre d’usagers par l’itinéraire Champ de Mars – Pompidou. Nous sommes menacés d’une saturation permanente dans quelques années.
Le contournement d’Uzès est il la solution ? C’est que ce pensent les rédacteurs de l’étude de 2009. Mais les choses ne sont pas simples. Un contournement par la section Sud entre Remoulins et Arpaillargues permettrait de « doubler » le Champ de Mars – selon les rédacteurs, c’est la section à réaliser en premier lieu. Un contournement Est, de Pont des Charrettes vers la route de Saint Quentin, permettrait bien à certains mouvements de ne plus passer par Champ de Mars – Pompidou, mais pas suffisamment pour éviter la saturation. Enfin, un contournement Nord ne permettrait pas de réduire de manière radicale le trafic sur le boulevard Gide. Pas d’équation miracle, d’autant plus qu’on peut se demander s’il est judicieux de sacrifier les plaines autour d‘Uzès pour y créer une rocade : ne prendrions nous pas le risque d’attirer les mêmes stations-service, hangars de toutes sortes et forêt de panneaux publicitaires que partout ailleurs ?
Les urgences (2011-2014)
Avant tout il faut améliorer le trafic à Uzès : cela nous concerne tous.
Stationnement
Pensons d’abord au parking : le trafic est élevé sur le boulevard Gide car bon nombre d’automobilistes y viennent d’abord pour chercher une place – avant d’aller vers les parkings. Les choses à faire rapidement :
- Limiter le stationnement en centre-ville d’Uzès à des durées très courtes, et sur un seul côté de la voie ;
- Mieux signaler les parkings proches du centre-ville et en créer de nouveaux, appliquer le principe de gratuité totale pour les parkings les plus éloignés, et pour la première heure et demi pour les plus proches, y compris sur le parking des Marronniers ;
- Améliorer les accès pour les piétons de ces parkings vers le centre-ville (par exemple en élargissant le trottoir du Champ-de-Mars, et en mettant des plots pour interdire le stationnement sur le trottoir de la route de Nîmes).
Aménagements
Il faut aussi réaliser quelques aménagements pour réduire les points noirs :
- Aménager le carrefour des Carmélites (c’est facile, les terrains nécessaires sont acquis par la ville) et celui rue Saint-Julien - route de Saint Quentin ;
- Réaliser une voie devant l’hôpital Careiron pour relier la route d’Arpaillargues et le boulevard Pompidou ;
- Créer des liaisons inter-quartiers.
Vision pour le futur (après 2014)
Vers d’autres modes de transport
Je suis d’accord avec les conclusions de l’étude de 2009, qui affirme la nécessité de prendre des décisions courageuses, probablement difficiles à faire admettre, en rupture avec les habitudes. Il y a l’impératif à essayer de sortir du « tout automobile » en donnant une vraie place aux autres modes de transport. Les pistes à suivre :
- Bus : Renforcer le réseau « Edgard » en élargissant les horaires, en améliorant les correspondances et en resserrant le maillage ;
- Navettes : Envisager la création de navettes entre village ou un réseau de taxis collectifs à la carte, comme cela se fait déjà dans d’autres régions ;
- Vélos : Créer des pistes cyclables ou aménager des voies existantes pour sécuriser les déplacements en vélos entre les villages du canton et dans Uzès ;
- Circulation à pied : Améliorer la sécurité (passages protégés plus nombreux, mieux signalés, éclairés, si possibles surélevés), créer des trottoirs quand nécessaire et réhabiliter les chemins piétonniers.
Contournement
Etant donnés les retards pris, et les intérêts particuliers en jeu, la création de voies de contournement envisagées prendra plusieurs années. Selon moi, la priorité pour capter les plus gros flux de transit est à une voix de contournement entre Pont des Charrettes et la route d’Alès, avec un tracé évitant Montaren, le plus éloigné possible des habitations – tout en respectant le plus possible nos collines aux airs de Toscane et leurs vallées verdoyantes. Par ailleurs, je pense que le projet du mini-contournement entre Mayac et la route d’Alès doit être ajourné, et remplacé par un aménagement du chemin existant entre la route de Lussan et le rond-point du mas de Mèze.
Le tram-train
Je considère que l’idée d’un « tram-train » sur l’itinéraire de l’ancienne voie de chemin de fer entre Uzès et Remoulins a quelques décennies d’avance et qu’une évaluation chiffrée doit pouvoir démontrer son intérêt à long terme. Mais sa réalisation doit rester possible, et l’aménagement prévu d’une « voie verte » par le Conseil Général ne doit pas être irréversible.
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